Pain vivant descendu du ciel
Notre-Seigneur, pour notre salut à tous en général, ne pouvait se donner plus qu'il ne l'a fait sur la croix; et il ne peut se donner à chacun de nous en particulier plus qu'il ne le fait dans l'Eucharistie. C'est parce qu'il connaissait nos besoins spirituels les plus profonds qu'il nous a dit, en promettant l'Eucharistie:
« Je suis le pain de vie: celui qui vient à moi n'aura plus faim, celui qui croit en moi n'aura plus soif... Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement; et le pain que je donnerai, c'est ma chair pour le salut du monde... Ma chair est vraiment une nourriture... Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. » ( Jn, 6, 35, 41, 51)
L'Eucharistie est ainsi le plus grand des sacrements, car elle contient non seulement la grâce, mais l'Auteur de la grâce. C'est le sacrement d'amour, parce qu'elle est le fruit de l'amour qui se donne et qu'elle a pour effet principal d'augmenter en nous l'amour de Dieu et des âmes en Dieu.
La réception de l'Eucharistie s'appelle « la communion » ou l'union intime du coeur de Dieu et du coeur de l'homme, union qui nourrit l'âme et la vivifie surnaturellement de plus en plus, en quelque sorte la déifie, en augmentant en elle la grâce sanctifiante, participation de la vie intime de Dieu.
Toute vie créée a besoin d'être alimentée: les plantes se nourrissent des sucs de la terre; les animaux se nourrissent de plantes ou d'autres vivants; l'homme nourrit son corps d'aliments matériels appropriés; il nourrit son esprit de vérité, surtout de vérité divine; il doit nourrir sa volonté de la volonté divine à accomplir chaque jour pour arriver à l'éternelle vie. En d'autres termes, l'homme doit surtout se nourrir de foi, d'espérance et d'amour; les actes de ces vertus lui obtiennent, par le mérite, un accroissement de vie surnaturelle.
Mais le Sauveur lui offre encore une autre nourriture plus divine; il s'offre lui-même comme l'aliment de notre âme.
Le Seigneur dit à saint Augustin: « Je suis la nourriture des forts; grandis et tu me mangeras. Mais tu ne me changeras pas en toi comme la nourriture de ton corps; c'est toi qui sera changé en moi.»
Dans cette communion, le Sauveur n'a rien à gagner, c'est l'âme qui reçoit, qui est vivifiée, surnaturalisée; les vertus de Jésus-Christ passent en elle; elle est comme incorporée à Lui, et devient un membre plus vivant de son corps mystique.
Comme le dit l'auteur de l'Imitation de Jésus-Christ :
« Plein de confiance en votre bonté et votre grande miséricorde, je m'approche de vous, Seigneur; malade, je viens à mon Sauveur; consumé de faim et de soif, je viens à la source de la vie; pauvre, je viens au Roi du ciel,...créature, je viens au Créateur; désolé, je viens au Consolateur. » - « Donnez-vous à moi et ce don me suffit, car sans vous rien ne me console. Je ne puis être sans vous, et je ne saurais vivre si vous ne venez à moi » ( Imitation 1, IV, chap. 11)
C'est l'union sublime de la suprême richesse et de la pauvreté. Et dire que souvent l'habitude, dégénérant en routine, nous empêche d'être attentif à la splendeur surnaturelle de ce don infini !
Les Pères de l'Église appelaient l'Eucharistie « l'antidote contre la mort, le remède d'immortalité ». Il faut reconnaître, en effet, que c'est une médecine puissante contre le péché qui habite en notre coeur et qui paralyse, sa vie, quand il ne la lui enlève pas. L'eucharistie est vraiment le pain de vie, de vie éternelle.
Manger la chair de Jésus et boire son sang, c'est admettre que nous avons besoin de purification, que nous souffrons de nos misères. En même temps, c'est reconnaître que si nous pouvons nous en approcher, c'est parce que nous sommes des pardonnés, des réconciliés, des fils, enfants bien-aimés du Père. Nous allons recevoir l'Amour de Dieu et la Grâce nécessaire pour l'aimer et aimer notre prochain. d'ailleurs, saint Paul nous l'affirme:«Là où le péché abonde, la grâce surabonde». Il faut donc voir en l'Eucharistie une surabondance de grâces qui nous aident à combattre l'abondance de nos fautes, pour nous élever jusqu'à la pureté des anges, mais par la miséricorde de Dieu.
Notre culte eucharistique doit donc se traduire non seulement en adoration, mais en action; non pas surtout en soupirs, mais en agirs; non pas seulement dans la célébration liturgique, mais dans la vie publique.
Comment ? Mais en imitant Marie qui, la première, fut un tabernacle vivant et qui partit en hâte vers sa cousine pour aider, servir et se dévouer, le coeur rempli d'allégresse, la tête au Ciel, mais les deux pieds sur la terre !
L'Eucharistie est ainsi faite: elle produit des fruits sur cette terre, qui ont la saveur non plus du paradis perdu, mais du Paradis céleste.
Dans l'Eucharistie, on peut y voir l'envers du Paradis terrestre où Dieu se fait semblable à l'homme et lui ordonne de manger de ce fruit qui le rendra semblable à Dieu, lui accordera, en plus de l'immortalité, l'accès au banquet des noces de l'Agneau.

L'Eucharistie et la puissance de l'amour
Comment expliquer cette puissance de l'Amour de Dieu en nous et cette soif, cette faim de Le recevoir chaque jour si possible, dans l'Eucharistie ? Comment expliquer l'amour que nous ressentons pour l'Église du Christ, le Pape, Marie, l'Eucharistie ?
Le Sauveur est venu sur terre pour nous apprendre à accepter avec amour les croix qui se présentent à nous et à tout offrir à Dieu pour les âmes, comme Il l'a fait Lui-même en versant Son sang pour l'humanité, afin de nous ouvrir le ciel. Les croix sont des blessures d'ordre physique, moral ou spirituel; elles sont une plaie que l'on ressent au coeur, une blessure vite pansée par un baume qui apaise la douleur, si on l'accepte avec amour. Quel bienfait ce baume qui soulève l'âme et la favorise de lumières propres à son cheminement ou qui porte une empreinte d'éternité !
Dans la vie, les joies et les douleurs se multiplient. Plus il y a de croix, plus il y a d'actes d'abandon, de Fiat amoureux, plus la blessure agrandie reçoit la douceur du baume qui la cicatrise en multipliant les lumières sur l'Au-delà ou pour aider à la pratique des vertus, si bien qu'un instant de ces joies spirituelles embaume l'existence d'une paix inaltérable qui ouvre des horizons que la raison ne discerne pas. Pardonner une injure et rendre le bien pour le mal,
c'est ouvrir son coeur au Dieu d'amour qui nous purifie. Quelle paix en l'âme qui s'élève et quel baume si doux !
Mais quel est ce baume bienfaisant qui apaise la douleur et assure une force nouvelle dans une joie renouvelée ?
C'est l'AMOUR de Dieu qui pénètre dans la blessure faite au coeur, et plus il y a d'offrandes, plus l'amour divin s'introduit en profondeur dans le Coeur du coeur, ce lieu précis qui nous lie directement au ciel. L'âme s'élève et Dieu la sanctifie, car Il attend toujours notre consentement, notre ouverture à la vie de la grâce. Notre réforme intérieure s'en trouve enrichie.
Qui donc, en ce monde, en plus de la maladie, n'a pas à supporter d'inextricables situations d'intrigues, d'incompréhension, de jalousie, d'accès de colère ou à regretter ses propres erreurs ? Autant de moyens qui nous sont donnés pour notre réforme intérieure en vue de favoriser un idéal élevé, l'épanouissement moral et spirituel de l'«Homme parfait» proposé par saint Paul apôtre.
C'est ainsi que nous expérimentons, jour après jour, l'amour de Dieu qui agit en nous conduisant au détachement total où Dieu nous divinise. Bien sûr, nous devons toujours subir ici-bas les assauts du Malin et ses répercussions venant de ceux qu'il talonne et qu'il tient en lutte surtout contre ceux qui lui ravissent des âmes, mais l'homme, détaché de tout, vit au-dessus de ces manèges terrestres et son âme vole dans l'offrande joyeuse et aimante, sereine et confiante, par Marie, vers Son Dieu d'Amour.
Une personne, spécialement, présente en notre temps les traits caractéristiques d'une vie divinisée et c'est le Pape Jean-Paul II. C'est par Marie et en Marie, selon saint Louis-Marie Grignion de Montfort, qu'il a effectué sa montée, enrichie chaque jour de l'Eucharistie et d'une vie de prière. C'est l'Eucharistie qui divinise les âmes: Jésus vivant, rempli d'amour, qui se livre à tous si, bien sûr, nous satisfaisons aux conditions requises selon l'enseignement de l'Église. Mais écoutons le :
« Combien sont nécessaires, pour toute l'humanité et pour l'église, la lumière de Jésus-Christ et la vie qu'il offre dans l'Eucharistie. (...) Dans ce sacrement Jésus-Christ est présent avec le don de lui-même « pour la vie du monde ». donc aussi pour la vie de notre monde tel qu'il est, avec ses lumières et ses ombres. L'Eucharistie est l'expression sublime de l'amour de Dieu incarné, amour permanent et efficace.» (5 nov. 2002)

Du site: http://www.adoperp.com/histoire/Prodiges/Amsterdam.html
Vision d'une mystérieuse.
Hostie dans le ciel Pays-Bas 1959
Le dimanche 31 mai 1959 à Amsterdam, de 14h55 à 15h15, Mme Ida Peerderman (17.6.1996) eut sa 56e vision, la dernière, qui se rapporte à l'Eucharistie.
«Soudain quelque chose se produisit dans l'air qui me causa une grande frayeur. Je m'écriai, indiquant le ciel à ceux qui étaient dans la même pièce que moi: "Oh! regardez... là!" C'était une lumière, mais si intense qu'il était difficile de la fixer. Je me couvris des mains les yeux. Cependant, comme contrainte à regarder, je regardai. Alors ce fut comme si le ciel se déchirait... Oui, c'est cela, une déchirure. Et dans cette déchirure du ciel tout à coup, la Dame. Elle était enveloppée d'une gloire éclatante. Jamais encore je ne l'avais vue de la sorte, indiciblement céleste, imposante, glorieuse. Nos pauvres mots sont impuissants à traduire tant de splendeur.
«Je ne voyais pas les brebis, ni le globe, ni la croix. La Dame était seule au sein de cette gloire immense. C'est alors que je sentis qu'il me fallait observer sa tête. Et je vis une couronne, étincelante de tous côtés et plus belle que ne pourrait être la plus belle couronne de diamants. D'ailleurs, Elle-même, la Dame, était tout entière si rayonnante et, je le répète, si glorieuse et si céleste, que c'est là, simplement, tout ce que je puis dire. En dessous de cette vision de splendeur, je vis un petit morceau de ciel, de ciel ordinaire, clair et bleu. Plus bas encore: le globe terrestre, la partie supérieure du globe. Le globe était tout noir.
«La Dame hoche la tête et agite le doigt en un geste de réprobation et d'avertissement en face de ce monde si noir. J'entends: "Faites pénitence!" «Il se fit après cela une chose bien singulière. Du globe ténébreux surgirent des têtes humaines en grand nombre. Et toutes sortes d'hommes montaient aussi des profondeurs. Et voici, subitement, que je les vis tous debout, couvrant la face de l'hémisphère. Et je me disais, contemplant cela: comment se fait-il qu'il y ait tant de diversité, tant de races, parmi les hommes!
«Alors la Dame étendit les mains sur la multitude et parut la bénir. La tristesse disparut de son visage. J'entendis: « Portez-lui réparation. »
«La Dame, soudain, disparut et ce fut une immense Hostie qui la remplaça. Une énorme Hostie, toute simple, faite de pain azyme, pareille à celles que l'on voit à l'église. «Après cela, devant l'Hostie, vint un calice. Il était fait d'un or merveilleux. Le calice se renversa vers moi. Un flot de sang s'en échappa. Il se répandit tout entier en flots épais sur le globe et submergea la terre. Cela dura un temps considérable. Et le sang coulait en flots incessants. J'étais saisie d'horreur. «Brusquement le sang s'effaça, ou plutôt se transforma en une seule et sainte Hostie, mais si éblouissante de lumière que je dus, une fois encore, me protéger les yeux de mes mains parce que je craignais de devenir aveugle. Et, cette fois aussi, je me suis obligé de regarder l'aveuglante clarté. Je fixais l'Hostie. Elle me parut comme un feu blanc. Au centre, il y avait quelque chose, comme une petite ouverture - un enfoncement; je ne sais trop comment décrire cela. Tout à coup, ce fut comme si l'Hostie s'ouvrait. Une figure en sortit. Une personne qui flottait: quelqu'un. Son aspect était si sublime, il en émanait tant de puissance, il en rayonnait tant de majesté, que je n'en puis vraiment pas traduire ni l'éclat ni la force. C'était tellement fort que, saisie de crainte, je n'osais guère regarder. Et, tandis que je contemplais cet Etre, cet Etre unique, quelque chose d'intérieur me portait sans cesse à penser: "Et pourtant, ils sont deux."
«Mais moi, je n'en voyais qu'un. Tant que dura la vision, mon esprit répétait la phrase: "Et pourtant ils sont deux." Et voici, au milieu d'eux, que jaillit une lumière. Au milieu d'eux, oui, une lumière ineffable, et, dans cette lumière, une colombe. Rapide comme l'éclair, elle fondit vers le globe dans un rayonnement indicible d'une si intense clarté que je dus, encore une fois, me couvrir les yeux de la main pour n'être pas aveuglée. «Quoique ayant eu le regard blessé et que les yeux me fissent mal, je fus de nouveau contrainte de regarder. Quelle gloire, quelle puissance émanaient de tout cela! D'une part, la Figure flottante, dans le rayonnement de sa divine majesté, d'autre part, cette lumière avec le monde à présent illuminé! Une voix retentit. J'entendis: "Qui me mange et me boit, acquiert la vie éternelle et reçoit l'Esprit véritable." «Après qu'elle m'eut permis de regarder un certain temps, la Dame reparut dans toute sa gloire merveilleuse, exactement comme la vision avait commencé. Mais à présent, je voyais clairement la différence entre sa gloire, si je m'exprime bien ainsi, et l'autre gloire, puissante et majestueuse, de la figure flottante. Maintenant la joie était répandue sur le visage de la Dame; et doucement, de loin, elle dit: "Adieu!" «La vision se fondit lentement; et cela me rendit si triste que je me mis à pleurer.»
(Les messages de la Dame de tous les peuples, Miriam Verlag, 1993, p. 183-187)