Vatican II et la dévotion à Marie
Autant par leur nombre que par leurs origines sont
surprenantes les opinions disparates et erronées concernant la
dévotion à la Sainte Vierge. Surtout depuis Vatican II, selon
certains, ce ne serait qu'une spécialité marginale dans du vieux, du
dépassé.
Partie essentielle dans
l'Église
Même un regard rapide sur le chapitre VIII du
document conciliaire sur l'Église fait comprendre l'importance du rôle de
la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, dans le Mystère du Christ et
de l'Église.
Le préambule nous rappelle par le Credo que Dieu a
voulu pour la Vierge Marie un rôle essentiel dans l'oeuvre de la
Rédemption.--« Pour nous, hommes, et pour notre Salut, Il est descendu
du ciel et s'est incarné par l'oeuvre de l'Esprit-Saint dans la Vierge
Marie...» Et le décret continue ainsi: --« Ce divin Mystère du
Salut nous est révélé et se continue dans l'Église, dans laquelle les
fidèles doivent vénérer le souvenir avant tout de la glorieuse et toujours
Vierge Marie, Mère de Dieu, Notre-Seigneur Jésus-Christ. » Lorsqu'à
l'Annonce de l'Ange, Marie donne son consentement libre et conscient, Elle
devient « Mère du Fils de Dieu, et nous est révélée comme fille
préférée de Dieu et le temple du Saint-Esprit. »
L'intention du Concile
Le Concile « entend mettre en lumière la
FONCTION de la Bienheureuse Vierge Marie dans le Mystère du Verbe
Incarné et du Corps Mystique, les DEVOIRS des hommes rachetés
envers la Vierge Mère du Christ et Mère des hommes, spécialement celle des
fidèles. »
Il est important de noter que le Concile...« n'a
pas l'intention de proposer un enseignement complet au sujet de Marie, ni
d'exclure les questions encore sujets d'études chez les théologiens ».
Puis il est réaffirmé...« que la Sainte Vierge dans l'Église tient la
place la plus élevée après le Christ en même temps que la plus près de
nous...»

Rôle de Marie dans l'économie du Salut
Des colporteurs de doctrines frelatées et erronées
viennent de plus en plus aux portes pour répéter que le rôle de Marie
n'est mentionné qu'à l'Annonciation et à la Naissance du Sauveur et que
tout doit finir là...
Le Décret conciliaire rappelle que l'Ancien, le
Nouveau Testament, la Tradition sont des documents de l'Église... « qui
mettent en lumière la claire figure d'une femme: la Mère du Rédempteur,
Celle qui écrasera la tête du Serpent ».
Pour la liturgie des fêtes de la Vierge, l'Église
emprunte des textes aux livres des Proverbes, de la Sagesse, de
l'Ecclésiaste et de plusieurs Prophètes, textes qui représentent
Celle qui fit partie des plans de la Trinité même avant la Création du
monde comme un être exceptionnel. Le prophète Isaïe entrevoyait déjà
« Cette Vierge qui concevra et mettra au monde un Fils dont le nom sera
Emmanuel, c'est-à-dire, Dieu avec nous »
Si les faits de l'Annonciation sont familiers à
tous, il est bon de remarquer que le consentement de la Vierge a précédé
l'Incarnation. Rôle extraordinaire que celui de Marie qui coopérait
à la Vie pour réparer la contribution de malheur que la première femme
avait donnée à la Mort. Ce qui sera souvent commenté à la suite de
Saint Jérôme, « que la Mort nous est venu par Ève et la Vie par
Marie. »
Même si les Évangiles sont avares de détails, ils
nous mentionnent la présence active de la Sainte Vierge dans quelques
étapes bien connues de la vie d'enfance, d'adolescence de Jésus et de sa
vie publique, puis de sa Passion et de sa Mort. Sa présence avec les
Apôtres à la Pentecôte est des plus significatives, et la Tradition nous
éclaire sur son rôle de protectrice et de guide dans les débuts de
l'Église, comme à travers les siècles après le couronnement de son
Assomption. La dévotion à la Sainte Vierge a toujours été bien vivante
et profondément ancrée au coeur de la chrétienté qui fut visiblement
assistée par Elle à plusieurs tournants décisifs de l'histoire, soit dans
la lutte contre les hérésies ou contre des ennemis du peuple chrétien
Mise en garde de Vatican II
Si Vatican II trouve opportun «...d'exhorter avec
force les théologiens et les prédicateurs à s'abstenir avec soin de toute
fausse exaltation », du même souffle il «...demande de s'abstenir
de toute étroitesse d'esprit lorsqu'ils ont à considérer la particulière
dignité de la Mère de Dieu, et qu'ils doivent expliquer correctement le
rôle et les privilèges de la Bienheureuse Vierge Marie. »

Marie et l'oecuménisme
Les fausses craintes exprimées au Concile sur le
culte rendu à la Vierge comme un obstacle à l'oecuménisme recevront leur
coup de grâce au chapitre 32 de l'Exhortation apostolique « Marialis
cultus » de Paul VI... «...étant donné son caractère ecclésial, le
culte rendu à la Vierge reflète les préoccupations de l'Église même: l'une
d'elles est le rétablissement de l'unité des chrétiens. Ainsi la
dévotion envers la Mère de Dieu devient réceptive aux soucis du mouvement
oecuménique, c'est-à-dire qu'elle acquiert une empreinte oecuménique.
Et ceci pour différents motifs. »
« Tout d'abord, les Catholiques rejoignent leurs
frères des Églises orthodoxes, où la dévotion à la Vierge revêt
des formes hautement lyriques et profondément doctrinales dans la
vénération très aimante de la glorieuse «Theotokos » et dans les
acclamations à Celle qui est « l'Espérance des chrétiens ». Ils
rejoignent aussi les Anglicans, dont les théologiens
classiques ont jadis mis en lumière la solide base scripturaire du culte
rendu à la Mère de Notre-Seigneur et dont les théologiens actuels
soulignent davantage l'importance de la place que Marie occupe dans la vie
chrétienne. Ils rejoignent encore leurs frères des Églises Réformées,
dans lesquelles fleurit avec vigueur l'amour des Saintes Écritures, quand
ils proclament les louanges de Dieu avec les paroles même de la Vierge
(Lc
1, 46-55 ).»
Dans un geste historique, comme autorité suprême,
Paul VI avait couronné le Concile en proclamant « Marie, Mère de
l'Église ». Ce qui avait provoqué l'enthousiasme de la majorité des
Pères du Concile, (et) une grande satisfaction chez les principaux
observateurs des frères séparés, et une joie profonde dans l'Église
entière.

Attitude constante de Paul VI
Le Pape Paul VI réaffirmait ses positions à l'égard
de la dévotion à Marie, par son exhortation apostolique ( 1974 )...« Le
culte de la Vierge Marie. ».-- étude approfondie sur la valeur
personnelle et pastorale de la dévotion à la Vierge pour
conduire les hommes au Christ. Avant de terminer son oeuvre, il
rapproche dans la même perspective les paroles de la Vierge à Cana -- «
Faites ce qu'Il vous dira » et les paroles de Dieu le Père à la
Transfiguration du Thabor... -- « Écoutez-le...» Puis le Pape Paul
VI souhaitait qu'il y ait chez le clergé et le peuple un salutaire
accroissement de la dévotion mariale pour le plus grand bien de
l'Église et de la société humaine. »
Souhait paternel qui remet en lumière les décisions
de Vatican II sur l'Apostolat des laïcs. ( Chap. 1 dernier parag. )
...«
Tous doivent avoir envers Elle une vraie dévotion et confier leur
vie et leur apostolat à sa sollicitude maternelle ».
À l'audience du 21 décembre 1977, après avoir repris
les décrets du Concile sur la Sainte Vierge, le Chef de l'Église invoque
Marie, -- « Porte du Ciel. » Puis il écarte des objections fausses
et, de son Autorité enseignante, redit la position de l'Église.
« On a tenté parfois d'accuser l'Église d'avoir
attribué une trop grande importance à la mission de Marie et à son Culte
sans souci de l'irrévérence ainsi démontrée à l'égard du Mystère de
l'Incarnation... Le Culte que l'Église rend à Marie ne porte en rien
préjudice à la totalité et à l'exclusivité de l'adoration qui est due
uniquement à Dieu et au Christ... Un tel culte de la Vierge nous guide
plutôt vers cette adoration et nous en garantit l'accès, parce qu'il
remonte la voie que le Christ a parcourue en descendant pour se faire
homme. »
Il serait trop long de citer tous les documents
pontificaux qui illustrent parfaitement que le culte de la Vierge Marie
est toujours partie intégrante de la vraie piété, et de la doctrine de
l'Église. Paul VI résume son exhortation quand il « affirme que
le développement de la dévotion mariale qui s'insère au centre du culte
unique chrétien, est un des éléments qui qualifient la piété authentique
de l'Église. »



Honneur à Marie pour la gloire de Dieu
C'est une vérité certaine que Marie conduit toujours
au Christ. S'il existe des opposants au culte de la Sainte Vierge, ils
peuvent donc se le tenir pour dit: Dans L'ÉGLISE DU CHRIST, nous
continuerons à honorer la VIERGE IMMACULÉE par tous les hommages du culte
extérieur. Nous lui offrirons des fleurs, nous proclamerons ses
messages, nous chanterons ses titres de gloire, nous la porterons à la
face de TOUS LES PEUPLES, nous réitérerons notre profession de foi au
Christ, et à son Église et nous continuerons d'affirmer notre FIDÉLITÉ au
Vicaire du Christ, le Pape régnant, Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II..
« Marie est vraiment l'aurore lumineuse de la
nouvelle évangélisation, le guide sûr du cheminement de l'Église dans le
troisième millénaire.» ( 29 octobre 2002 )
