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LA CONFIANCE ET LA MISÉRICORDE
– «On obtient du bon Dieu, tout autant qu’on en espère »¼ Mon Jésus, voilà jusqu’où je
veux pousser ma confiance en toi! Comme Thérèse, je veux pouvoir dire: «Quand bien même j’aurais sur la conscience tous les
crimes qui peuvent se commettre, je ne perdrais rien de ma confiance.» Quand bien même mon cœur m’accuserait, toi, n’es-tu pas
plus grand que mon cœur? Mon Jésus, n’est-il pas vrai qu’entre la misère et la miséricorde il y a un certain lien si grand, que
l’une ne peut s’exercer sans l’autre? La miséricorde, ne s’exerce-t-elle pas qu’envers les misérables? Ta présence, mon Jésus, au
saint Tabernacle, en cela aussi, j’y vois un grand signe de ta miséricorde pour moi et pour tous les hommes. Sans ta présence
parmi nous, comment espérer tenir debout? Où l’homme aurait-il pu puiser sa nourriture spirituelle et physique? Tu voulais être
là, tout prêt de nous. Ton amour t’a rendu captif, et je t’en remercie infiniment.
– Oui mon enfant, mon amour pour toi m’a rendu captif. Ici au tabernacle, mon coeur goûte les plus amères souffrances
et aussi les plus douces joies. Je vous aime, mes enfants, je vous ai aimés jusqu’à verser tout mon sang pour vous! Pour vous,
j’ai laissé percer mon coeur sur la croix! Les quelques gouttes de sang qu’il contenait, elles étaient encore pour vous! Et je ne
vous ai pas seulement donné le sang du corps et du coeur, mais encore celui de l’âme! Tout cela pour vous prouver mon amour.
Alors, comment ne pourrais-je pas souffrir de voir les hommes, en si grand nombre, préférer la boue du péché à l’étreinte de mon
amour? Combien ils sont nombreux, mes enfants, qui ne m’ont jamais visité au tabernacle! Combien plus nombreux encore, ceux qui
sont entrés dans ma demeure, sans même m’adresser la parole, sans un regard ou une pensée pour moi! Et pourtant, je ne demandais
pas mieux que de me livrer à eux, de leur partager mon amour.
Pouvez-vous maintenant imaginer, combien ravi est mon coeur lorsqu’une âme s’approche de moi pour me bénir, me parler
ou me demander de la secourir? Elle compense alors pour bien des tristesses que d’autres me font sentir. Si vous pouviez voir en
ce moment, la joie qui est mienne en vous voyant, ici! Votre présence en ce lieu, n’est pas un hasard. C’est moi qui vous y ai
appelés, et vous, vous avez le mérite d’y avoir répondu.
– O mon Sauveur, sans doute, les âmes vraiment ferventes sont prêtes à tout, pour ton amour. Plutôt la mort
disent-elles, que de commettre la plus petite faute volontaire. Aucun mal, aucune peine ne peut être mise en comparaison avec la
peine qu’elles éprouveraient en te voyant offensé par leur faute. Je voudrais, Seigneur, pouvoir en dire autant de moi-même.
J’aimerais pouvoir te prouver mon amour, te sauver des âmes...courir sur le chemin de la sainteté... mais hélas! me voilà encore
tombé! A la première occasion je t’ai failli, mon Jésus. Je ne suis malheureusement pas de ces âmes fortes, qui résistent à
toutes les tempêtes! Je suis si faible, Seigneur!
– Et alors, c’est la tête basse, que tu te présentes à moi. Toute honteuse de la chute que tu viens de faire. Tu
n’oses pas trop me regarder, tu ne sais pas trop quoi me dire. Tu ressembles à l’enfant prodigue qui s’approche de la maison dans
un état pitoyable, tout confus. Mais moi, comprend-le donc, je suis comme le Père de la parabole. Je cours vers toi, dans une
effusion de tendresse, inexprimable. Aussitôt que tu arrives, je t’embrasse. Je ne m’arrête pas à la tache qui est sur ton
vêtement. L’humble aveu de tes fautes est suivi d’une réhabilitation immédiate.
– Je te couvre du nouvel habit et je te passe l’anneau au doigt. Je ne pose pas de condition, je ne fais pas de
remarque. J’aime, et j’applique sur toi ma miséricorde. Apprend, cher enfant, à te jeter tout de suite dans mes bras après tes
fautes. Ton audacieuse confiance, ne fera qu’ajouter à ma joie. Vois, lorsqu’un saint commet une faute, il court tout de suite
vers Dieu, comme un petit enfant à sa mère, et la confesse humblement, sans excuses ni palliatifs, comme un enfant honnête et
confiant. Et le moment après, il se sent heureux auprès de son Dieu. Sa faute n’a fait aucune différence. Au contraire, elle a
augmenté son amour pour Moi, car il a goûté une fois de plus à ma Miséricorde. L’homme qui agit ainsi, n’a pas moins bien compris
le péché que les autres, au contraire il le comprend mieux. Mais ce qui est beaucoup plus important, il comprend beaucoup mieux
le Cœur Miséricordieux de son Dieu.
– O Jésus, donne-moi de comprendre, moi aussi, la merveilleuse tendresse de ton Coeur. Ne permet pas que je te cause
plus longtemps cette peine, la plus grande de toutes pour ton Coeur aimant, celle de ne pas me fier à toi après mes chutes.
Fais-moi la grâce de t’aimer plus ardemment après chaque faute; d’entrer toujours plus avant dans ton Coeur! Je sais maintenant
qu’une confiance intacte après mes fautes contient plus d’amour et de repentir que tout autre chose.
– Mon Dieu, moi qui ai été tirée du néant et qui est toujours voisin du néant, j’ai peine à comprendre ton amour pour
moi. Pourtant, lorsque je m’arrête pour te parler au fond de mon coeur en toute familiarité, lorsque mon être goûte la joie de
t’appartenir, alors je réalise un peu combien tu m’aimes. Non d’un amour général, qui embrasse tous les hommes sans distinction.
Mais d’un amour bien particulier. D’un amour tout à fait personnel. Ta naissance, elle était pour moi. Ta passion et ta mort, tu
les as subies pour moi. Et aujourd’hui, ta présence au saint Sacrement, elle est toute pour moi. Je crois réellement que si
demain il ne restait plus que moi sur la terre, tu serais heureux de demeurer dans l’hostie pour me tenir compagnie, pour me
fortifier, pour me nourrir et surtout pour m’aimer. Mon âme a du prix à tes yeux et quel prix, s’il a fallu le sang d’un Dieu
pour la racheter! Ainsi, il est plus facile de comprendre la joie que tu éprouves quand un pécheur revient à toi pour te demander
pardon. Ton Cœur de Père et ton Cœur de Rédempteur peut-il ne pas s’émouvoir devant le pécheur qui revient alors qu’il t’a coûté
si cher! Après y avoir mis un tel prix, comment détournerais-tu ta Face et ton Cœur de l’enfant qui veut s’amender? Tu ne
demandes pas mieux que de le serrer dans tes bras. O Dieu de miséricorde infini. La grandeur de ton Cœur dépasse infiniment nos
pensées les plus profondes. Tu nous confonds par tes desseins de justice et de miséricorde qui dépasse tellement l’étroitesse de
nos esprits. Merci mon Dieu pour tes largesses. Que ton nom soit béni éternellement!
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