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LE PLUS BEL AMOUR
« On peut affirmer que par la foi la vie éternelle commence en nous »( dit St Thomas,
11a,11ae). La vie éternelle sera essentiellement une vie d'amour, d'un amour pleinement épanoui, si l'on a observé le
précepte « d'aimer Dieu de toutes nos forces ». Mais il faut commencer dès ici-bas cette vie d'amour qui fleurira
pleinement dans l'éternité.
Cet amour sera d'autant plus épanoui qu'il aura été, sur terre, profond et tendre, élevé et pur, fort, patient,
invincible en traversant les années d'épreuves sans faiblir, ou plutôt qui grandira avec les épreuves, qui deviendra plus ardent
en proportion des obstacles et qui s'achèvera dans la félicité pour l'éternité.
Si Dieu a choisi de créer l'univers ce fut par amour. L'Amour a ordonné harmonieusement les galaxies qui
composent notre monde. Il a rempli l'espace de planètes, les astres et les étoiles brillent dans les cieux. Tout
raconte la gloire de Dieu.
Puis ce fut la vie palpitante sur la terre et enfin les créatures (l'homme et la femme) appelées à s'élever vers des
sommets d'amour par l'exercice d'une liberté qui permet de mener le bon combat et de profiter des fruits de la victoire, car nul
ne sera couronné s'il n'a combattu.
Mais de cette première épreuve, l'homme et la femme ne sortent pas vainqueurs car l'orgueil va détruire la belle
harmonie créée par Celui qui est l'Amour. Ce péché contre l'amour explique le caractère presque contradictoire de la
nature humaine qui fait que l'homme aspire aux choses les plus élevées et succombe si facilement aux plus basses. /.../
Des millénaires ont passé, la terre s'est peuplée. Dieu, qui a créé l'univers avec tant d'amour, veut tirer
l'homme de son péché, tel que promis. Dans un amour encore plus grand, Dieu se penche vers Sa créature jusqu'à se faire
Dieu-Homme.
Ce mystère d'amour, qui est le mystère de l'Incarnation, est essentiellement lié au FIAT prononcé par une femme. -
MARIE - qui avait tout donné à l'Amour. De même qu'une femme - ÈVE - avait coopéré à la perte de la grâce, ainsi, par une
disposition harmonieuse de la Divine Providence, une autre femme - MARIE - devait coopérer à la restauration par la grâce.
Et Marie devint le ciboire vivant du Verbe incarné, ciboire tout palpitant d'amour. Plus Elle aime, plus Elle
comprend le mystère d'amour qui s'accomplit en Elle, mystère qui L'introduit dans la Vie Trinitaire.
Sa collaboration fut pleinement consciente, car Marie savait, par les Écritures, que le Messie serait l'homme des
douleurs immolé pour la rédemption du monde. À travers le voile de la prophétie, Marie sentait que Sa mission
s'accomplirait dans un mystère de douleurs auquel Elle serait associée en Sa qualité de Mère. La prophétie de Siméon le lui
confirmait : « et toi-même, un glaive transpercera ton âme » ( Lc 2,35).
L'amour ne connaît point de limites au don. L'Évangile relate, de la crèche à la croix, la vie de Son Fils, le
Christ-Sauveur et Fils de Dieu ; vie humaine et divine employée uniquement au service du Père dont il fait connaître la bonté et
l'amour.
Il enseigne, il sanctifie et il donne Sa Vie, pour ceux qu'il aime. Il relie Dieu et l'homme en acquittant la
dette de l'homme envers le Créateur, réconciliant ainsi la Justice et la Miséricorde divines.
« Le Christ nous aime, dit saint Jean. Il nous a lavés de nos péchés par son Sang »
(Ap.1,5). Tous les mystères de notre rédemption sont des mystères d'amour, c'est pourquoi ils nous poussent
tous à l'amour. Si nous voulons que le Sang du Christ porte en nous tous ses fruits, nous devons y joindre le nôtre, car
« il n'est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime ».
( Revue A.M, Vol V. pp122-24 )
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