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ET LE NOM DE LA VIERGE ÉTAIT MARIE
Que de fois au cours de notre journée ( deux fois par «Je vous salue Marie» ce qui fait au moins cent fois pour un seul chapelet ), nous prononçons le Nom qui est sans conteste, le plus glorieux et le plus doux après Celui de Jésus : Marie !
Jusqu’à la dernière réforme du Missel Romain, l’Église consacrait une journée entière à fêter le Nom très saint de l’incomparable Mère de Dieu et des hommes. [Et cette fête liturgique vient d’être rétablie au 12 septembre] en souvenir du jour historique où, en 1683, Jean Sobieski et ses Polonais avait repoussé la très redoutable armée turque qui menaçait alors gravement la chrétienté. Cette célébration annuelle du saint Nom de Marie est une manière de remercier pour sa puissante protection Celle que Pie XII a appelée «la grande victorieuse des batailles de Dieu.»
Nous pouvons donc honorer comme il convient, et tout au long de l’année, le Nom mille fois béni de la Vierge et qui recèle tant de significations spirituelles. Si nous n’y pensons guère, c’est parce que nous ne voyons plus très bien dans le monde d’aujourd’hui L’IMPORTANCE DU NOM.
Pour la découvrir, il faut se référer à la Bible. Aux yeux de tout lecteur attentif, il apparaît très clairement, en effet, que le Nom, dans le langage révélé, c’est ce qui exprime la profondeur d’une personne et que, par conséquent, connaître le nom de cette personne, c’est avoir accès en quelque sorte au MYSTÈRE DE SON ÊTRE, c’est aussi découvrir – surtout si c’est Dieu qui lui a donné ce nom – le rôle que cette personne est appelée à jouer dans le monde. Nous savons tous, par exemple, que JÉSUS, cela veut dire «Dieu sauve». N’est-il pas manifeste que dans ce nom très simple c’est tout le mystère et la sublime mission du Fils de Dieu fait homme qui se trouvent ainsi rappelés ?
Il en va exactement de même pour ce qui concerne la Femme prédestinée entre toutes, Celle qui est appelée à être la Nouvelle Ève à côté du Nouvel Adam : Le nom qu’elle porte, MARIE ( qui est assez courant en Israël, mais qui, selon une tradition autorisée, a été lui aussi choisi par Dieu) exprime de manière vraiment étonnante les principaux aspects de son mystère et de sa mission.
D’après les recherches effectuées par les théologiens mystiques, MARIE cela veut dire tout d’abord : LA BELLE ou LA GRACIEUSE. Ainsi est évoqué le mystère de l’Immaculée : la fille bien-aimée du Père qui, depuis le premier instant de sa conception, est la Toute Pure et la Toute Sainte, rayonne d’une beauté qui n’est pas de la terre. C’est la beauté de la «Femme revêtue de soleil» dont l’âme est toute resplendissante de l’inexprimable beauté du Dieu infiniment Saint qui L’habite. Dès lors, comment Celle qui est «pleine de grâce» ne serait-Elle pas la plus charmante, la plus gracieuse de toutes les créatures ?
MARIE, cela signifie aussi la REINE, la SOUVERAINE ou, comme on dit volontiers chez nous depuis le Moyen Âge, NOTRE-DAME. Ainsi nous est suggéré le mystère de la maternité divine de Marie qui est le fondement de sa Royauté. Elle n’est Reine, en effet, que parce qu’Elle est la Mère du Christ, le Roi du Monde.
Il nous faut donc mettre dans notre imploration du Nom royal de Marie une confiance absolue, car il est permis de tout espérer de cette Reine dont la puissance est tout entière au service de son Amour.
MARIE, enfin, est un nom qui souligne la mission unique de Celle qui accepta si héroïquement d’unir sa souffrance co-rédemptrice au Sacrifice Rédempteur de son Fils, «le Dieu qui sauve». Il signifie, en effet, «OCÉAN D’AMERTUME». Et tel fut, en réalité, l’état de son âme transpercée par le glaive tout au long de la sanglante Passion de Notre Sauveur.
Puisse ce Nom, synonyme de «Cœur douloureux»,nous rappeler souvent ce que notre Mère spirituelle a souffert en communion avec le Crucifié pour notre enfantement à la vie de Dieu !
MARIE, ce nom que le ciel et la terre acclament à l’envi, nous apparaît donc au terme de cette méditation, comme un diamant spirituel à trois grandes facettes.
Laissons-nous fasciner par lui et vénérons-le avec encore plus de respect et de tendresse filiale comme saint Bernard nous y invite en une page célèbre : «Que ce doux Nom ne soit jamais loin de votre bouche, jamais loin de votre cœur; mais pour obtenir une part de la grâce qu’il renferme, n’oubliez point les exemples qu’il vous rappelle.»
« Regarde l’Étoile !
Appelle Marie ! »
- Saint Bernard
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