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« Je me souviens. . . . ! » Québec,
Aux rivages pourtant tranquilles, Quel Bouclier put donc te cacher Tant de siècles passés ? ----- Telle l’étoile Guidant vers l’Enfant nouveau-né, Ainsi Cartier, Au gré des étoiles, À ton berceau, se laissa voguer. ----- Par droit de conquête, Des hommes de fière allure Vinrent enfoncer en ton sein Le dépôt de la foi; Y apposant en guise de signature Le seul « Signe de la Croix ». ----- Ô bienheureuse Croix Qui, telle une lance de lumière Dans la main d’un messager divin, Devait perforer ton côté, Y enfonçant le « Germe » D’une Alliance royale ! ----- Par son roi très chrétien, La France se fit missionnaire, Portant au nom du Roi des rois Le baptême aux autres Nations. ----- Ce glaive de douleur, Effigie de la Bienheureuse Trinité, Déchirant ta chair encore vierge, Te donna naissance et droit de cité Dans le « Royaume des Lys ». ----- Ton cœur ainsi touché Reconnaissant pour la France et son roi, Conservait jalousement la Croix et le Lys, Comme sceau de ton Alliance Et gage de ton hérédité. ----- De ton côté à peine transpercé Allait en jaillir comme un fleuve d’eau vive, Bientôt rougi du sang de tes martyrs : Baptême très chrétien Imprimant le caractère divin De ta mission bien particulière. ----- Oui, « béni fut ton berceau, Le Ciel a marqué ta carrière ». L’Étoile de la mer Est ta lumière dans la nuit Et l’œil de Dieu, Ton soleil durant le jour. ----- Conscient de la Mission Et soumis à la triple tentation De renier ta foi, ta patrie et ton roi, Tu sus te garder de la trahison. ----- « Ton histoire fut une épopée Des plus brillants exploits. Ta valeur, de foi trempée, Sut protéger tes foyers et tes droits. » ----- « Né d’une race fière, Tu grandis en espérant; » Conservant pour unique espoir Le dépôt jadis enfoui dans ton Côté, Gage d’une future résurrection glorieuse. ----- Ce « Germe » Issu de la racine de Jessé, Allait croître généalogiquement Comme le roi des forêts. Dans tes veines circule une sève royale Capable de redonner vie et fertilité À un rameau, même desséché.
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Toi, le prédestiné, L’héritier de ton père, le roi, Tu grandis en taille et en sagesse; Laissant à ce précurseur D’aplanir les sentiers, D’ouvrir les voies. ----- Pendant que, silencieusement, Sur sa vie, se modèle la tienne, Que ta physionomie Emprunte peu à peu ses traits; Lui, de tout son enseignement, Prophétise ta venue et ton action. ----- Ton précurseur décapité, Toute hérédité annihilée, On te crut, à jamais, vaincu. ----- Oubliant la promesse de salut, On te considéra exilé et dans l’oubli; Oubliant la couleur de ton sang Et tes titres de noblesse, Reniant ta Croix et ton Lys. ----- Mais qu’est-elle donc ta Croix, Sinon ce rameau desséché Du grand arbre généalogique, Dont la sève royale, Sur ton sol, redonne vie, Beauté et splendeur au Lys. ----- Car l’heure vint Que fut élevée entre ciel et terre, À la face de tous les Peuples, La preuve de ton élection divine Et de ta filiation royale; Toi, le rejeton de la race de David, ton père. ----- Car l’heure vient Où le « Secret du Roi » soit révélé, Et que, chez toi, La Croix soit glorifiée et exaltée, Et que refleurisse le Lys Dans ton beau ciel azuré. ----- Québec, « Ton front est ceint de fleurons glorieux; Car ton bras sut porter l’épée Comme il sait porter la Croix ». ----- « Sous l’œil de Dieu, Près du fleuve géant, Dans ce monde nouveau, Toujours guidé par sa Lumière, Tu garderas l’honneur de ton drapeau. » ----- « Tu portes au front l’auréole de feu » Et sur ta tête la couronne royale. « Ennemi de la tyrannie Et plein de loyauté, Tu veux garder dans l’harmonie Ta fière liberté, Et sur ton sol, asseoir la vérité. » ----- « Ton amour sacré du trône et de l’autel Rempli nos cœurs de ton souffle immortel, Avec toi, nous répétons comme nos pères Le cri vainqueur : « POUR LE CHRIST ET LE ROI. »
11 février 1990 Par: Père André Guillemette
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