Saint
Dominique Savio à Don Bosco
Au soir du 23 décembre 1876, Don Bosco raconta, devant environ
600 personnes: au personnel de la maison, aux étudiants et
apprentis, un songe qu'il avait fait quelques jours auparavant. Ce
fut l'apparition de son jeune élève, Dominique Savio décédé il y
avait déjà 19 ans. Il fut sans doute l'adolescent qui a le mieux
incarné la pédagogie et la spiritualité de Saint Jean Bosco.
« Dans la
nuit du 6 décembre dernier, j'ai eu le songe que je vais vous raconter.
Avec vous, mes enfants, je n'ai pas de secret, vous le savez: j'ai donc
résolu de vous le narrer pour que vous en fassiez l'usage que vous voudrez.
Don Bosco
à Dominique Savio :
" (...)
Parle-moi du présent, maintenant, Dominique". Alors Savio me montra un
merveilleux bouquet de fleurs qu'il tenait en main ! Il se composait de
roses, de violettes, de tournesols, de lis, de gentianes, d'immortelles, le
tout piqué d'épis.
" Vous
voyez ces fleurs ? me dit-il.
- Oui :
mais je ne comprends pas !
- Que
chacun de vos fils en possède un semblable, et ils seront heureux.
- Mais
que signifie-t-il ?
- Il
représente les vertus qui plaisent le plus à Dieu: la rose de l'amour, la
violette de l'humilité, le tournesol de l'obéissance, l'amère gentiane de la
mortification, le lis de la pureté, le blé qui fait les hosties, et
l'immortelle de la persévérance.
- Eh
bien, mon cher Dominique, toi qui les as toutes pratiquées, ces vertus,
dis-moi quelle est celle qui t'a le plus consolé à l'heure de la Mort ?
-
Devinez.
- La
pureté ?
- Mieux
que cela.
- La paix
d'une bonne conscience ?
- Mieux
encore.
-
L'espérance du Paradis ?
- Non.
- Mais
quoi donc, dis-le-moi : Toutes les bonnes oeuvres que tu avais faites ?
- Ce
n'est pas encore cela. Vous n'arriverez pas à le deviner. Eh bien, je vais
vous le dire : ce fut l'assistance toute-puissante de la Mère de Dieu.
Dites-le à vos fils, pour qu'ils ne manquent pas de l'invoquer tant qu'ils
sont en vie..."
( Extrait
du songe raconté dans : " Un saint de moins de quinze ans, " Dominique Savio
)par A. Auffray, chez
Emmanuel Vitte - Éditeur à Lyon - 1950