*Marcel Van

      Jeunes Témoins

Marcel Van

"Rien ne peut m’enlever l’arme de l’Amour... J’y vais pour qu’il y ait quelqu’un qui aime le Bon Dieu au milieu des communistes... Ma mort sera la vie pour un grand nombre. Ma mort marquera le commencement de la paix pour le Vietnam".

Sa famille est profondément chrétienne. Il y a un autre garçon, une fille, et viendra une autre soeur, baptisée Anne-Marie. Dès que sa main put tenir quelque chose, sa mère l’exerça à tracer sur lui le signe de la croix. En lui apprenant à parler, elle l’habitua à prononcer les saints noms de Jésus, Marie, Joseph. Son père l’emmenait dans de merveilleuses promenades. En contemplation "...il me semblait l’entendre prier..."

De 7 à 12 ans, il demeure en une "maison de Dieu". La foi profonde de Van indisposait, et les aînés essayaient de le salir. En dépit de la menace d’être enterré vivant il résiste de toutes ses forces. Il devient l’esclave du curé et à 12 ans, on ne lui apprend plus rien après qu’il eût obtenu son certificat d’études primaires. Il lutte pour chasser les jeunes filles qui troublent quotidiennement "la maison de Dieu", puis il s’enfuit avec d’autres garçons. Il est repris et expédié à une autre cure. Malheureusement ce n’est pas mieux. Il s’enfuit de nouveau. Sa mère le ramène à la première place. Fin de l’année 1940, c’est la rencontre d’un abbé qui l’apaise: "Accepte de bon coeur toutes ces épreuves et offre-les au Seigneur. Si Dieu t’a envoyé la croix, c’est un signe qu’il t’a choisi". Devant l’image de Notre-Dame du Perpétuel Secours, à l’église, il fait le voeu de garder toute sa vie sa virginité. En 1942, il entre au séminaire qui a comme patronne sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Il a 14 ans et découvre l’Histoire d’une âme de cette sainte. "Quel bonheur! Thérèse est la réponse à toute mes questions sur la sainteté. Désormais, je ne crains plus de devenir un saint. J’ai enfin trouvé ma voie de la sainteté". Sainte Thérèse lui apparaît, lui parle et lui donne des conseils sur sa vie de tous les jours et sur sa vie spirituelle.

En songe, il voit un personnage dont quelques jours plus tard il découvre la statue. C’est saint Alphonse de Liguori, fondateur de la Congrégation du Saint-Rédempteur. Van est admis comme postulant au couvent rédemptoriste de Hanoï le 17 octobre 1944. Il devient Frère Marcel Van.

Le 7 mai 1955, il est arrêté. À 27 ans, au fond d’un cachot débute son agonie. 5 mois après, c’est la prison centrale de Hanoï. Un mot parvient en secret à son supérieur: "Si je voulais vivre, ce me serais facile, je n’aurais qu’à vous accuser..." À son père spirituel: "Dans les derniers mois j’ai dû lutter de toutes mes forces et endurer tous les supplices du lavage de cerveau..." À sa petite soeur Anne-Marie, novice chez les moniales rédemptrices au Canada: "Quand à moi, je ne suis plus aujourd’hui qu’un cadavre qui respire... Je suis la victime de l’amour et l’amour est tout mon bonheur: un bonheur indestructible."

Juillet 1956. Nouveaux interrogatoires et deux comparutions devant le tribunal. Comme il refusait d’avouer un crime non commis, alors qu’on lui promettait la liberté en cas d’aveu, il est condamné à 15 ans de réclusion dans un camp. Il réussit à se faire livrer des hosties, des médailles, des chapelets ainsi que des médicaments. En août 1957, il est transféré dans un autre camp. Il tente de s’évader, est repris, battu, enfermé dans un cachot malsain pendant 2 ans. Juin 1959. Il est tiré de son cachot. Il n’a plus que la peau sur les os. Sa souffrance et son courage bouleversent les détenus du camp. Il ne peut plus manger ni dormir. Trois semaines plus tard, il entre en sa dernière agonie. Un Père, prisonnier aussi, l’assiste et le petit frère de l’Amour s’endormit dans les bras de Son Seigneur.

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